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Guichets et terminaux au point de vente privés : Appel à un boycott national
Montréal, 5 novembre 2002 – Option consommateurs et le Centre pour la défense de l’intérêt public lancent un boycott national des guichets et terminaux au point de vente privés.
 
Au printemps dernier, il y avait quelque 18 000 guichets privés au Canada, et encore très peu de terminaux privés. Aujourd’hui, le nombre de guichets et de terminaux privés ne cesse d’augmenter. Si nous ne faisons rien pour arrêter leur progression, nous serons tous pris en otage très rapidement. Et il sera difficile d’effectuer un paiement avec sa carte de débit sans payer de frais de commodité. Les voyageurs qui fréquentent  l’aéroport Pearson de Toronto en savent quelque chose. Il n’y a pas si longtemps, les nombreux guichets bancaires qui s’y trouvaient ont, du jour au lendemain, été remplacés par des guichets privés. Ce qui a soulevé un tollé dans les médias.
Actuellement, il n’y a aucune loi qui régit les paiements électroniques. Quand on pense à la multitude d’intermédiaires qui oeuvrent dans ce domaine (institutions financières, commerçants, entreprises en charge des réseaux informatiques, entreprises de guichets et de terminaux privés, interac, etc.), on constate que cela est aberrant. Et que la situation est inquiétante pour tous.

LES PRINCIPAUX PROBLÈMES
 
Les terminaux au point de vente, vous connaissez? C’est l’appareil qui est installé à la caisse de la plupart des commerces et qui vous permet de payer vos achats, voire de retirer de l’argent via votre carte de débit. La plupart du temps, le terminal au point de vente appartient à une institution financière. Mais voilà! De plus en plus souvent, des commerçants troquent cet appareil pour un autre qui appartient à une entreprise privée. Ou encore, enlèvent de leur commerce le terminal de l’institution financière et le remplacent par un guichet privé.
 
Du point de vue des consommateurs
 
Ces deux pratiques sont fort déplorables, car elles sont extrêmement coûteuses pour les consommateurs. 
  • Quand on fait un retrait dans un guichet privé
    … on doit payer ce qui est appelé des frais de commodité (la traduction de convenience fees). Selon le dossier publié l’été dernier dans le numéro Consommation, au Québec, ces frais varient entre 1 $ et 3 $. Ils s’ajoutent aux frais demandés pour l’utilisation du réseau Interac (généralement de 1,25 $ ou de 1,50 $, selon l’institution financière avec laquelle on fait affaire). Un retrait dans un guichet privé peut donc coûter jusqu’à 4,50 $. Sur une somme de 20 $, cela représente des frais de 22,5 %.
  • Quand on fait un paiement en utilisant un terminal au point de vente privé
    … on doit payer des frais de commodité, généralement de 50 ¢
  • Quand on fait un paiement en utilisant un terminal au point de vente privé et que l’on veut aussi retirer des sous
    … on doit payer des frais de commodité, généralement de 1,50 $. 
Tout cela sans compter les frais demandés par les institutions financières à leurs clients qui n’ont pas de forfait…
 
L’Agence de consommation en matière financière du Canada a d’ailleurs déjà dénoncé la situation.
 
Un problème lié à l’affichage
Il y a aussi un autre problème : les consommateurs apprennent beaucoup trop tard quels sont les frais de commodité qui leur seront demandés. En effet, ceux-ci apparaissent sur l’écran de l’appareil, juste avant le moment où il faut autoriser la transactions. Ce qui fait en sorte que refuser la transaction est parfois difficile. Notamment lorsque l’on paie un repas au restaurant (on a déjà mangé) ou une commande d’épicerie (on a déjà rempli son panier et placé ses articles sur le tapis roulant). Cela est d’ailleurs une préoccupation importante du Centre pour la défense de l’intérêt public.
  
Du point de vue des commerçants
Les commerçants sont souvent sollicités par les entreprises privées fournissant des terminaux et des guichets privés (M. Hussein, propriétaire de Prince d’Orient, le restaurant situé dans cet édifice, nous a affirmé être sollicité toutes les deux semaines). Et, les médias en ont abondamment parlé récemment, les terminaux et guichets privés permettent aux commerçants de faire beaucoup de sous. Pendant que les consommateurs paient, les commerçants empochent.
 
L’été dernier, dans notre magazine Consommation, nous avons publié un dossier sur les guichets privés. À l’époque, on nous avait dit que les commerçants qui hébergent un guichet bancaire reçoivent environ 4000 $ par année en guise de compensation, alors que ceux qui hébergent un guichet privé peuvent recevoir jusqu’à 4000 $ par mois. On le constate : il s’agit là d’une mesure incitative fort importante.
 
Des avantages sont aussi liés à l’utilisation des terminaux au point de vente privés. Lorsqu’un commerçant installe dans son établissement un terminal qui appartient à une institution financière, il paie des frais pour la location du terminal, ainsi qu’une autre somme pour chaque transaction. Lorsqu’il installe un terminal privé, il paie pour l’achat ou la location du terminal, puis reçoit un pourcentage des frais payés par ses clients. À la fin du mois, tout cela peut faire une fort jolie somme.
  
Une pratique de commerce inacceptable
En installant des terminaux et des guichets privés dans leurs commerces, les commerçants font en quelque sorte de l’argent sur le dos des consommateurs. Alors que les commerçants devraient procurer à leurs clients un éventail de modes de paiement avantageux, il leur offre un mode de paiement particulièrement coûteux. Pire : ils tirent avantage de la situation. Il s’agit d’une pratique de commerce inacceptable.
 
Ce que les commerçants ne réalisent pas toujours, c’est qu’à force de payer des frais, les consommateurs vont peut-être se tanner, et finir par aller faire leurs achats ailleurs. Ce qu’ils ne savent pas nécessairement non plus, c’est que lorsque certains de leurs clients menaceront d’agir de la sorte, et qu’ils voudront mettre fin au contrat qui les lie à l’entreprise de terminal ou de guichet privé, ils n’auront pas nécessairement la tâche facile.
 
M. Hussein Moussa a installé dans son commerce un terminal au point de vente privé en août dernier. Comme il vous le racontera lui-même, ses clients n’étaient pas contents de voir des frais apparaître sur leurs relevés. Après 36 heures seulement, M. Moussa a décidé de briser le contrat qu’il avait avec l’entreprise de terminaux privés et d’installer à nouveau un terminal bancaire. Mais cela n’a pas été facile.
  
Aspect criminel
Dans votre pochette de presse, vous trouverez une lettre que la Sûreté du Québec nous a fait parvenir après la publication de notre article sur les guichets privés.
 
On y mentionne que les guichets privés pourraient être utilisés par des personnes malhonnêtes à des fins de fraude. Cela s’est d’ailleurs déjà produit dans la région de Boston vers la fin des années 1990 : un guichet privé a été utilisé afin de lire la bande magnétique des cartes de débit qui y étaient insérées et de retenir les nip qui étaient composés au clavier. Une telle fraude pourrait toujours se reproduire.
 
On y mentionne également que, dans certains cas, les guichets privés pourraient être utilisés pour faire du blanchiment d’argent. Les consommateurs pourraient donc, à leur insu, participer à cette pratique du crime organisé.
  
UNE ACTION DE LA PART DES CONSOMMATEURS
 
Heureusement, les consommateurs ont un certain pouvoir. Celui de dire non. Et de refuser d’utiliser les terminaux et guichets privés. Pour cette raison :
 
Option consommateurs et le Centre pour la défense de l’intérêt public invitent les consommateurs à boycotter les guichets et terminaux privés
 
Si on refuse votre paiement par carte de débit et qu’on vous invite à utiliser le guichet privé, DITES NON.

Si on vous demande de payer à un terminal privé, DITES NON.

Dans un cas comme dans l’autre, payez comptant ou à l’aide de votre carte de crédit (parce qu’agir ainsi occasionne des frais au commerçant, cela aura peut-être un effet dissuasif).

Et si cela vous est impossible, faites vos achats ailleurs.

Dans tous les cas, signifiez au commerçant votre mécontentement. Cette solution a de bonnes chances d’être efficace. C’est parce que plusieurs personnes qui travaillent pour des entreprises ayant leur bureau dans cet édifice (notamment le personnel d’Option consommateurs) ont agi de la sorte que M. Moussa n’a gardé son terminal privé que 36 heures.
 
Option consommateurs et le Centre pour la défense de l’intérêt public invitent aussi les commerçants à boycotter les guichets et terminaux privés
 
Si on vous propose d’installer un terminal ou un guichet privé dans votre commerce, DITES NON.

Si vous acceptez de tels appareils dans vos commerces, vous agissez au détriment de leurs clients.

En boycottant les guichets et les terminaux privés, vous démontrerez à vos clients que vous avez à cœur de leur donner un bon service. Et vous adopterez de bonnes pratiques de commerce.

DITES NON aux guichets et aux terminaux privés et faites savoir à vos clients que vous avez agi de la sorte. Cela vous donnera un avantage sur vos concurrents.

-30-

Source : 
Maryse Guenette, Rédactrice en chef, Service d'Agence de Presse d'Option consommateurs 
Tél. : (514) 598-7288
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