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Attention ! Ces habitudes d’achat grugent votre budget

Il n’est pas toujours évident d’être un consommateur averti en 2022 : de nouveaux services, des fonctionnalités bonifiées et l’offre rehaussée des fintechs agrémentent plus que jamais notre parcours d’achat. Mais à quel prix ? Voici quelques pièges dont il faut se méfier.

 

La multiplication des abonnements numériques

Plusieurs fournisseurs de services d’abonnement numérique tels que les plateformes de diffusion en continu (Netflix, Disney+ ou TOU.TV, à titre d’exemple), d’écoute musicale (Spotify, Apple Music, YouTube Music) et certains services de livraison de boîtes-repas à domicile (Goodfood, notamment) fonctionnent par contrats à option négative. Une fois abonné, vous le demeurez… à moins de vous en retirer !

« Les consommateurs bénéficient d’une période d’essai gratuite ou au rabais et sont ensuite abonnés automatiquement au service au prix courant. Afin de s’en retirer, ils doivent faire une démarche pour se désabonner avant le prochain renouvellement ou la prochaine livraison », explique Sébastien Boulerice, avocat et conseiller budgétaire pour Option consommateurs. À défaut, la caisse enregistreuse résonne !Les trucs et astuces pour contrer le surabonnement numérique

Le même principe est aussi mis de l’avant par les développeurs d’applications. Vous en essayez une gratuitement pendant 7 ou 14 jours et, ensuite, on vous facture le taux convenu, mensuellement ou annuellement, c’est selon. La question se pose : sommes-nous confrontés à un phénomène de « surabonnement numérique » ?

Le Baromètre de confiance envers les industries d’Option consommateurs semble le confirmer. Plus de la moitié des répondants (51 %) sont abonnés selon un contrat à option négative. De ce nombre, 66 % affirment s’être abonnés à ce type de service dans le but de se retirer à la fin de la période d’essai…

Mais encore faut-il s’organiser pour le faire ! « L’ensemble de ces abonnements s’accumule, leur coût unitaire s’additionne et passe parfois inaperçu dans votre budget », constate Sébastien Boulerice. L’expert suggère donc de faire un inventaire périodique des abonnements actifs et… de faire des choix.« Indiquez les dates de renouvellement de chaque plateforme à votre agenda et ajoutez une alerte quelques jours avant chacune de celles-ci. Vous aurez donc le loisir de terminer la série télévisée en cours que vous appréciez tant, tout juste avant d’annuler votre abonnement si vous souhaitez pouvoir butiner sur d’autres plateformes ensuite. » – Sébastien Boulericehttps://ocmagazine.org/wp-content/uploads/2022/05/photo-sebastien.png

Le recours aux paiements fractionnés

Une autre tendance populaire est aussi soulignée dans le Baromètre de confiance d’Option consommateurs : le paiement fractionné. Ce dernier permet aux consommateurs de payer un achat auprès d’un commerçant participant en plusieurs versements, de façon étalée dans le temps — sans intérêt et sans enquête de crédit — pour un bien qu’ils veulent obtenir dès maintenant. Des fournisseurs de paiement tels que Afterpay, Sezzle et Paybright sont à l’avant-plan de cette pratique au pays.

Plusieurs consommateurs adhèrent donc désormais au principe « Achetez maintenant, payez plus tard et… consommez davantage ». Ainsi, il peut être tentant de bonifier la valeur de notre panier d’achats, sachant qu’une dépense de 100 $ sera répartie en quatre versements de 25 $, le premier étant exigible immédiatement et les autres, à intervalles de deux semaines.

Ce même sondage souligne aussi que 68 % et 44 % des participants achètent respectivement des vêtements et des chaussures en ligne. Dans le premier cas, déjà 9 % des acheteurs se tournent vers ce mode de financement, alors que 7 % d’entre eux font ce choix pour une nouvelle paire de bottes ou de souliers de sport.

L’utilisateur d’un tel service qui multiplie les achats grâce aux paiements fractionnés, sans gérer adéquatement son budget, pourrait se retrouver rapidement dans une spirale d’endettement. « Mieux vaut plutôt prévoir la dépense en amont, économiser une somme périodique à intervalles réguliers et, ensuite, faire l’achat désiré », recommande Sébastien Boulerice.

Et comme c’est le cas dans tout processus d’achat, il est recommandé de bien lire les modalités du contrat concerné. « Le consommateur qui rate un remboursement prévu à l’entente de paiement différé peut être dans l’obligation d’en rembourser la somme totale sur-le-champ. Il perdrait ainsi le bénéfice du financement à terme, tout en subissant une pression financière additionnelle dans l’immédiat », avertit-il.

L’achat d’une garantie prolongée

La multiplication des abonnements numériques selon des contrats à option négative et le recours aux paiements fractionnés sont donc deux des nouvelles habitudes d’achat qui gagnent en popularité. Elles grugent petit à petit vos économies, sans même que vous vous en rendiez compte, peut-être…

Mais un troisième enjeu d’importance, qui revient annuellement sur le radar d’Option consommateurs, est susceptible d’alourdir votre facture d’achat : l’achat d’une garantie prolongée. Dans les deux dernières années, 17 % des répondants en ont fait l’acquisition. Parmi les raisons invoquées, 71 % d’entre eux souhaitaient avoir la paix d’esprit, alors que 29 % de ceux-ci ont procédé à la suite des représentations du vendeur.

Or, au Québec, le consommateur bénéficie déjà de la garantie légale. Soyez attentif dans ces circonstances puisque la garantie légale couvre, plus souvent qu’autrement, plus d’aspects et plus longtemps que la garantie prolongée. Donc la prochaine fois qu’on vous proposera d’acquérir une garantie prolongée, pensez-y à deux fois. Parce que, en matière de dépenses et de hausses de coût en 2022, ce n’est malheureusement déjà pas le choix qui manque !