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Les enjeux reliés aux sites d’enchères à un sou sur Internet

« Épargnez jusqu’à 90 % ». Alléchant, non ? C’est ce que vous promettent les sites d’enchères à un sou sur Internet. Un téléviseur plasma 50 pouces pour 60,35 $, un tout nouveau Ipad pour 25,76 $. Trop beau pour être vrai ? Mais comment ces sites peuventils offrir des articles à si bas prix ? Cette recherche vous fera découvrir le monde fascinant des enchères à un sou et les nombreuses questions soulevées par ce nouveau mode d’enchère.

Le fonctionnement classique d’une enchère à un sou est relativement simple. Le site met un article à l’enchère à une heure donnée. L’enchère commence à un sou et un chronomètre lance un décompte, généralement court (10, 15, 30 secondes). À chaque surenchère, le prix de l’article augmente de un sou (d’où le nom d’enchère à un sou) et le décompte repart. L’enchère se poursuit tant et aussi longtemps qu’il y a des mises effectuées; lorsqu’il n’y en a plus, le chronomètre tombe à zéro et l’enchère, remportée par le dernier participant, se termine.

L’internaute désirant participer à une enchère doit acheter au préalable des « jetons » qu’il utilise pour miser. Un « jeton » coûte entre 0,30 $ et 1 $. La personne qui remporte l’enchère paie l’article au prix déterminé à la fin de l’enchère ainsi que toutes les mises qu’elle a faites pour remporter cette enchère. Toutes les autres personnes qui ont misé perdent leurs jetons et, conséquemment, l’argent dépensé.

Cette recherche vise à répondre plus particulièrement aux questions suivantes: Quels sont les enjeux liés à ce nouveau type d’enchères ? Cette industrie est-elle encadrée ? Quels sont les risques associés aux enchères à un sou pour les consommateurs canadiens?

Afin d’atteindre nos objectifs et de répondre à ces questions, nous avons effectué, principalement sur Internet, une recherche documentaire sur la croissance et les enjeux liés aux enchères à un sou.

Ensuite, nous avons contacté des intervenants pertinents afin de connaître leur opinion et leur position sur cette question. Ces intervenants étaient de plusieurs domaines; ils s’agissaient notamment d’administrateurs de sites d’enchères à un sou, de membres de corps policiers, de responsables d’organismes de règlementation et d’experts en jeu pathologique.

Nous avons également effectué une recherche en droit canadien afin de déterminer quel est l’encadrement juridique de cette industrie. Nous avons aussi analysé les conditions d’utilisation de certains sites d’enchères à un sou opérant au Canada.

Afin de mieux comprendre le fonctionnement des enchères à un sou, nous avons participé à des enchères de plusieurs types, notamment à des enchères « pour débutants », avec possibilité de rachat, avec auto-enchérisseur, avec mises gratuites (pour celui qui remporte l’enchère) ainsi qu’à des enchères proposant tant des articles de peu de valeur que des articles de grande valeur comme des téléviseurs, ordinateurs, tablettes, etc. Le but était de se familiariser avec le concept, de comprendre le fonctionnement des sites et de bien saisir les différents enjeux. Finalement, nous avons réalisé trois groupes de discussion.

Ceux-ci ont tous eu lieu à Montréal. Un premier groupe était composé de participants à des enchères à un sou; nous voulions récolter leurs perceptions et opinions. Les deux autres groupes étaient composés personnes qui faisaient des achats en ligne mais qui ne participaient pas à des enchères à un sou. Ces deux derniers groupes nous ont servi de groupes témoins.