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Sites de comparaison de prix en matière d’assurance : un outil efficace ?

Les sites de comparaison de prix (SCP) en assurance sont bien implantés au Canada. Nous en avons d’ailleurs recensé près d’une dizaine, qui seraient visités annuellement par des millions de Canadiens. Ils sont aussi appréciés. C’est d’ailleurs ce qui ressort des entrevues que nous avons fait avec près de 150 consommateurs. Ils aiment pouvoir y comparer plusieurs produits d’assurance et être en mesure de faire leur choix facilement, ils apprécient la simplicité et la rapidité du processus, ils apprécient pouvoir y trouver de l’assurance à bas prix.

Mais attention ! Les experts que nous avons interviewés et les études étrangères que nous avons consultées expriment de sérieuses réserves quant à l’utilisation des SCP dans le domaine de l’assurance, ainsi qu’à l’égard de leurs bienfaits pour le consommateur. Ce que nous avons constaté en analysant cinq sites canadiens nous porte à partager leurs craintes.

L’information présentée sur les SCP au sujet des produits d’assurance est souvent incomplète. Les liens d’affaires et les modes de rémunération des SCP y sont rarement mentionnés, alors qu’il est fort possible qu’ils affectent la présentation des résultats ou encore incitent les SCP à favoriser la vente rapide. La quantité d’information collectée et éventuellement transmise à des tiers est inquiétante et pourrait dépasser ce qui est nécessaire au calcul du risque assurable. De plus, les SCP limitent souvent leur responsabilité.

Cela n’est pas surprenant, car les SCP n’ont pas l’obligation d’être inscrits comme cabinet (mais au Québec, ils le seront prochainement). Ils ne sont donc pas assujettis au même encadrement que ce dernier. En somme, même si ces sites sont appréciés à certains égards, il est possible que les consommateurs n’y trouvent pas de produits d’assurance adaptés à leurs besoins.

Ces constats nous amènent à formuler plusieurs recommandations inspirées de notre étude de l’encadrement réglementaire au Québec et à l’étranger. Option consommateurs recommande donc aux législateurs provinciaux de modifier leurs lois respectives afin d’obliger les SCP à être inscrits comme cabinet. Les exclusions à cette obligation devraient être explicitement listées et non seulement assujetties au mode de rémunération des SCP, comme c’est le cas dans le droit communautaire européen.

Option consommateurs recommande également aux législateurs provinciaux d’étudier la possibilité d’éliminer l’obligation de déclaration spontanée des preneurs, ce qui est un lourd fardeau pour les consommateurs, surtout lorsqu’ils ne sont pas guidés par un représentant certifié. Enfin, elle les incite à continuer à favoriser les activités de sensibilisation et d’éducation pour les consommateurs en matière d’assurance. Option consommateurs formule également plusieurs recommandations aux SCP.

Ainsi, elle leur demande de divulguer leurs liens d’affaires et de présenter clairement les caractéristiques des produits d’assurance comparés. Ses dernières recommandations vont aux consommateurs. Lors de l’utilisation d’un tel site, ils doivent être vigilants et, s’ils décident de se procurer un produit d’assurance, il leur est fortement recommandé d’entrer en contact avec un représentant certifié. Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront s’assurer d’obtenir un produit adapté à leurs besoin. Omettre de prendre ces précautions pourrait avoir des conséquences considérables pour eux. Ces changements nous semblent nécessaires pour garantir la protection des consommateurs canadiens qui magasinent leurs produits d’assurance en ligne.