Finfluenceurs ou influenceurs en finance : Entre suggestion et conseil - Quelle protection pour les consommateurs?

En matière d’investissement, les conseils sont de plus en plus fréquents sur les réseaux sociaux. Ces conseils sont souvent prodigués par des influenceurs en finance, dits « finfluenceurs », qui sont parfois des professionnels qualifiés pour donner du conseil en matière de finances, parfois des amateurs. Ce contexte soulève des questions au sujet des risques possibles pour les consommateurs qui sont exposés à ces conseils.

Ce rapport analyse les indicateurs de risque pour les consommateurs en regard du type de conseil donné par les finfluenceurs qu’ils suivent sur les réseaux sociaux et de la qualification professionnelle de ceux-ci. Notre analyse tient compte aussi bien de la réglementation en vigueur que de l’expérience des consommateurs et investisseurs. Elle vise à mettre en lumière les impacts réels du phénomène dans la vie des consommateurs.

Cette analyse a révélé une différence entre l’interprétation juridique du conseil, de la qualification professionnelle, et l’expérience qu’en faisaient les consommateurs et investisseurs. Ainsi, quelle que soit la qualification juridique du contenu partagé, ce contenu est reçu par certains participants comme du conseil personnalisé. Dans les faits, ces conseils étaient mis en application par les participants à nos groupes de discussion, avec des conséquences positives et négatives sur leurs rendements. 

Par ailleurs, le profil du finfluenceur, qu’il soit un professionnel qualifié ou non, semble avoir peu d’impact sur les décisions des participants, et ce, malgré l’évaluation qu’ils font de leur propre profil de risque. D’ailleurs, aucun participant du groupe de discussion de l’Ouest canadien n’a été en mesure d’identifier la qualification professionnelle d’un finfluenceur qu’il suit.

Cette recherche a aussi révélé l’usage, par certains finfluenceurs, de mentions visant à exonérer leur responsabilité en regard du conseil prodigué, ce qui crée de la confusion chez certains participants.

Finalement, l’analyse des conditions d’utilisation de certaines plateformes de réseaux sociaux ainsi que de la législation applicable aux finfluenceurs dans certaines juridictions a permis d’amorcer une réflexion sur les pistes de solution possibles au Canada.