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Les exigences des consommateurs face à la mise en marché des aliments issus de l’agriculture biologique au Canada

Une analyse des systèmes de certification à l’international révèle chez nos principaux partenaires commerciaux une volonté politique de réglementer la mise en marché des aliments issus de l’agriculture biologique par la mise en place, depuis plusieurs années, d’un système de certification offrant un encadrement spécifique, rigoureux et complet des activités touchant les produits biologiques.

Législation stricte, norme exigeante, certification et accréditation obligatoires, système spécifique d’inspection et de contrôle des importations, telles sont les caractéristiques communes de ces systèmes. Le système canadien, lui, possède plusieurs facettes. Il montre une réflexion et une structure avancées en Colombie-Britannique et un régime obligatoire accompli au Québec.

Pour les autres provinces et à l’échelle nationale, c’est une norme volontaire qui prévaut. De nombreuses structures sont en place, mais l’appellation biologique n’est pas protégée, la certification et l’accréditation ne sont pas obligatoires, et les importations de produits biologiques ne sont pas contrôlées de façon spécifique.

Or, les rencontres avec des groupes de consommateurs canadiens font ressortir un niveau de confiance a priori élevé face aux produits biologiques proposés au Canada. En effet, la présence d’un logo et la mention du terme
« biologique » sont souvent suffisants pour que le consommateur juge que le produit est contrôlé et fiable. Le choix des consommateurs de se porter sur des produits biologiques est par ailleurs essentiellement mu par des considérations liées à leur santé.

Par conséquent, il paraît rapidement évident que le régime canadien doit veiller à un encadrement rigoureux de l’usage de la mention biologique, mener une politique de contrôle des établissements et des certificateurs, et s’assurer que les aliments proposés en magasin soient conformes. Les consommateurs se tournant vers les aliments biologiques, plus chers, cherchant des atouts santé, ne sauraient en effet être trompés : le produit acheté doit répondre à des garanties quant à son processus de fabrication et son intégrité.

Les groupes de discussion nous enseignent d’ailleurs que c’est avec beaucoup d’étonnement et d’inquiétude que les consommateurs canadiens accueillent l’information sur la réalité canadienne tandis qu’ils s’imaginaient que le biologique était encadré selon un régime obligatoire. Les groupes de discussion ont également révélé que certains consommateurs manifestaient déjà de la méfiance, se questionnaient beaucoup sur l’assurance du caractère « biologique » des produits proposés et déploraient la confusion créée par la multiplicité des appellations et des logos.

La situation changerait radicalement si le système de certification devenait obligatoire. Une appellation biologique protégée, une certification systématique par des certificateurs accrédités par une ou des autorités compétentes, un logo national unique et une vaste campagne de sensibilisation du public sur ce nouveau départ de l’encadrement du biologique au Canada, et il y a fort à parier que choix et achat rimeront avec confiance et satisfaction chez le consommateur.

Les 22 recommandations qui suivent sont le fruit de l’analyse des situations internationale et canadienne actuelles, des perceptions et attentes des intervenants de la filière biologique canadienne, mais surtout des exigences des consommateurs, dégagées lors de groupes de discussion, doublées de nos exigences en tant qu’association dont la mission est de protéger, de défendre et d’informer les consommateurs canadiens.